Interdites à l’amour
Je l’ai porté en moi
Sans savoir qu’il était à toi,
Ce fardeau indicible
Qui rend ton bonheur impossible.
Je souffre d’une douleur plus vieille que ma vie.
Je souffre de ce mal que tu m’as transmis,
Ce châtiment que tu tenais toi-même de ta mère,
Terrible serment qui a rendu ta vie amère.
Tu as été celle qu’elle voulait que tu sois.
J’ai été celle que tu attendais de moi.
Il n’y avait pas de place pour mes désirs.
Seulement l’angoisse de ne pas te faire plaisir.
Elle te disait : Aucun homme jamais ne t’aimera
Et si tu l’aimes toi, cette faiblesse t’anéantira.
J’ai compris de toi : Je rêve si je me sens aimée.
Et si j’aime moi, malheur, je serais fracassée !
Maman, cette douleur résonnait dans tes silences.
Je la sentais m’inonder en ta présence.
Pour te protéger, tu t’es érigée en roc, en pilier.
Tu arborais cette rigueur qui ne devait jamais plier.
Combien de fois tu m’as fait la leçon :
Dans le cœur de chaque homme sommeille un cochon !
Mais moi, j’entendais les tiraillements de ton cœur.
Ils disaient ton aspiration au bonheur.
Aujourd’hui, loin de toi, je me découvre
Au fond de moi, mes désirs, je les retrouve,
A la surface, cette plaie béante
J’en porte toujours la douleur lancinante.
Et en face, cet homme qui me tend la main…
lundi 16 novembre 2009
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